NAPLES SE MANGE AVEC LES MAINS (ET AVEC LE CŒUR)

Il y a une figure qui, plus que toute autre, semble appartenir à Naples : Pulcinella. Le bonnet, le pantalon blanc et ce masque noir au long nez font partie de l'imaginaire de la ville depuis des siècles. Et puis il y a sa faim, presque toujours démesurée, qui dès le XVIIIe siècle le poussait déjà à raconter des banquets impossibles.

En 1765, dans la comédie Pulcinella vendicato de Francesco Cerlone, le personnage se vante d'avoir englouti dix-neuf plats de macaronis et douze pizzas. À la même époque, dans Il vassallo fedele, il est de nouveau question d'une pizza à l'huile, à l'origan et à l'ail. La pizza était donc déjà là, dans le Naples de Pulcinella, bien avant de devenir le symbole que l'on connaît aujourd'hui.

Et cette même cuisine, des siècles plus tard, est arrivée jusqu'à Paris.

Trois frères napolitains ont d'abord préparé, pour leurs amis et leur famille, les spécialités avec lesquelles ils avaient grandi. Des recettes transmises, des produits choisis avec soin, et le plaisir de se retrouver autour d'une table. En 2023, cette cuisine familiale est devenue Napoli Food, avec l'envie de faire découvrir en France les saveurs authentiques de la tradition napolitaine et campanienne.

Mozzarella di bufala, pâtes fraîches artisanales, pastiera, sfogliatella, casatiello et produits typiques de Campanie : une sélection qui part d'une cuisine de famille et arrive sur les tables françaises sans jamais perdre le lien avec son origine.

Car la cuisine napolitaine, au fond, est une histoire de rencontres. Au fil des siècles, elle a absorbé des influences venues d'Espagne, de France, de la cour des Bourbons. Le ragù porte encore dans son nom le français ragoût, le gattò celui du gâteau. Tout est entré dans les cuisines de la ville et, avec le temps, est devenu Naples.

Il y a ensuite la tomate, la pizza, le ragù du dimanche, les pâtes aux pommes de terre. Des plats simples, souvent nés de quelques ingrédients seulement, qui ont fini par devenir l'une des identités les plus reconnaissables de la cuisine italienne.

Mais la cuisine napolitaine ne raconte pas seulement des recettes. Elle raconte les dimanches, les fêtes, les familles. Elle raconte ce geste tout simple qui consiste à mettre un peu plus dans l'assiette, au cas où quelqu'un arriverait.

C'est peut-être exactement ce que Napoli Food apporte à Paris : non pas seulement des produits, mais une façon de se tenir à table.

Pulcinella, avec sa faim sans fond, aurait sans doute apprécié.

Car à Naples, on mange avec les mains, on mange ensemble, et presque toujours, on mange un peu plus que nécessaire.

Et c'est peut-être exactement comme ça qu'on se sent chez soi.